Services et Retail Industrie
Transformation digitale

Comment transformer vers l’industrie 4.0 ?

Jonas Deprez

Les quatre révolutions industrielles en Belgique

La première utilisation d’une machine à vapeur sur le continent européen remonte à 1720. Celle-ci servait à actionner une pompe à eau dans un charbonnage de la région liégeoise à l’époque de la première révolution industrielle. Un peu plus d’un siècle plus tard, les Belges ont joué un rôle crucial à l’occasion de la deuxième révolution industrielle, qui a marqué la construction de la première ligne de chemin de fer d’Europe, entre Bruxelles et Malines. Au cours de la troisième révolution industrielle, marquée par le rôle majeur de l’électronique et de l’informatique, le Gouvernement flamand a décidé d’investir dans la micro-électronique et la biotechnologie. Cette décision a notamment donné naissance à IMEC, le plus grand centre de recherche européen indépendant en micro-électronique. La quatrième révolution industrielle est là. Celle-ci est marquée par la poursuite de l’automatisation et le rôle central de la communication. La communication entre l’homme, le système et la machine, voire le produit lui-même. Il est donc grand temps que l’industrie belge assume à nouveau son rôle et sorte des starting blocks. Les entreprises belges, IMEC et iMinds, leaders mondiaux respectivement dans le matériel informatique et les logiciels, l’ont bien compris et unissent d’ores et déjà leurs forces !

Industrie 4.0 et l’usine intelligente

John Chambers, PDG de Cisco, a dit au monde : « Si vous n’innovez pas d’emblée, si vous ne bouleversez pas votre activité, si vous ne changez pas votre façon de penser, vous serez largués ». L’arrivée d’Ali Baba, AirBnB, Uber… au cours des 10 dernières années en est l’illustration. Jamais les starts-ups n’avaient crû si fort et si vite au point de devenir des multinationales. Comme tout et tout le monde est connecté à l’internet, les entreprises peuvent joindre leurs clients avec énormément d’aisance et d’efficacité. Le client occupe une place de plus en plus centrale, car il a accès à toutes les informations qu’il souhaite par Internet et fera ainsi des choix beaucoup plus critiques. Certaines étapes de la chaîne de valeur sont devenues inutiles du fait du développement de plateformes communautaires bouleversant des secteurs d’activité entiers. Plutôt que de parler de l’Internet of Things, parlons de l’Internet of Everything, où les entreprises et les clients se retrouvent de plus en plus dans un monde cyber-physique.

Cette tendance se poursuit aussi dans l’environnement de production où l’on parle d’usine intelligente. Local Motors, une start-up active dans la production de voitures électriques en est un bon exemple. En recourant à des imprimantes 3D et à la robotique de pointe dans un environnement de production automatisé, l’entreprise imprime les pièces d’une voiture électrique et assemble le véhicule en moins de 8 heures ! Tout comme chez Local Motors, les différentes étapes du processus de production sont de plus en plus converties au numérique. Les machines sont automatisées à l’extrême et disposent des capacités de calcul nécessaires pour prendre elles-mêmes leurs propres décisions. Du fait de cette décentralisation des capacités de calcul et de décision, la connectivité entre les machines est d’une extrême importance car les machines communiquent entre elles pour prendre des décisions optimales. Chaque étape et mouvement est également mesuré(e) de manière numérique et mémorisé(e) de manière centralisée dans des centres de données et des structures dans le cloud pour ensuite obtenir, par le biais d’analyses complexes de mégadonnées, des informations détaillées sur le processus de production et optimiser les performances.

Le conte de fées numérique

Ces explications ne sont qu’une brève description de ce que pourrait signifier la quatrième révolution industrielle. Investir dans l’Industrie 4.0 serait susceptible de ramener la production en Europe et ainsi d’assurer une forte croissance économique. Dans la plupart des cas, on ne connaît pas encore clairement les étapes à suivre par une entreprise pour participer à ce conte de fées numérique. Des concepts-valise tels que “Big Data”, “Internet of Things”, “Digital Transformation”, “Deep learning algorithms”, etc., sont lancés aux décideurs des entreprises comme autant de concepts cruciaux d’investissements. Ce qu’ils signifient ou peuvent signifier concrètement pour leur entreprise reste le plus souvent une énigme. Chez Möbius, nous avons développé une approche qui permet de définir en termes concrets le cadre de l’Industrie 4.0 pour une entreprise, et de trouver le fil rouge de ce conte de fées numérique.

Industrie 4.0 : notre approche

Constituée de cinq étapes, notre approche crée un cadre qui vise à traduire les technologies et les tendances en applications concrètes pour une entreprise d’un secteur donné.

La première étape est l’exploration : nous commençons par une approche ascendante en suivant les tendances numériques. Il faut bien comprendre ce qui existe sur le marché et ce qui y arrivera dans les prochaines années. Toute technologie et toute tendance doivent être traduites en concepts d’entreprise : quelles sont les opportunités, quels sont les coûts et quels sont les risques potentiels ? L’exploration signifie aussi une approche descendante de l’aspect « entreprise ». Il est important de comprendre la stratégie et les objectifs de l’entreprise, les souhaits du client et ce qui se passe dans le secteur.

Dans l’étape de réflexion, on examine avec toutes les parties prenantes (clients, partenaires, travailleurs, etc.) ce qui peut être numérisé : le processus, le produit, l’expérience des clients, voire la stratégie en elle-même ? Comment utiliser l’Industrie 4.0 pour soutenir la stratégie et les objectifs ? Les possibilités sont légion et il importe dès lors d’aborder cette étape de manière structurée.

Au cours de l’étape d’architecture, l’accent est mis sur le choix d’une approche spécifique à l’entreprise. A la lumière de la stratégie de l’entreprise et des différentes technologies et tendances connues, on identifie l’innovation « qui change le jeu ».

La quatrième étape est l’étape d’assistance, qui comprend l’exécution et l’accompagnement de l’approche choisie. Dans ce cadre, il faut le partenaire approprié, pouvant apporter son aide à la mise en œuvre de la technologie souhaitée. Cela peut aller des chefs de projet et des managers du changement appropriés aux start-ups et aux grandes entreprises technologiques, etc.

La fixation occupe une place centrale au cours de la cinquième étape. Cette transformation n’est pas une mise en œuvre unique. Elle nécessite un changement de culture adéquat, qui mette l’accent sur l’innovation et le changement. Il est donc conseillé d’impliquer autant que possible les personnes touchées dans le processus de transformation, car ce sont elles qui au bout du compte entretiendront la transformation.

L’horloge numérique tourne ! Ne ratez pas le train !

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Vincent Defour